« Miss Blun'z, pouvez vous vous réveillez et écoutez mes cours au lieu de lire vos vieux livres hideux »
Jammy leva enfin les yeux de son gros parchemin. Elle n'avait pas l'air de prendre en compte les remarques de son professeur. L'unique d'ailleurs.
Dans le grand collège 'Cratanne' et sa porte en bois peinte en blanc qui faisait penser aux grandes portes des châteaux forts, un long couloir était tracé, un couloir sans mur. Comme décor, de grands buissons de roses roses, seulement des roses roses. Et personne n'avait le droit de dépasser le semblant de chemin par terre, c'était la seule règle du collège.
Elle n'est écrite nulle part, mais pourtant personne n'ose allait humer le parfum défendu des roses qui se déshabilleront bientôt.
En pleine nuit,
Je cherche la lune qui pourrait éclairer ma vie,
Celle qui ne pense pas au présent
Celle qui ment et qui fait semblant
Il n'y avait qu'une seule classe, une bibliothèque, une petite cour et un bureau minuscule pour le seul professeur autoproclamé directrice de l'établissement.
Elle n'a pas l'air d'être une personne à laisser en liberté, elle est souvent en jupe couleur crème, et une éternelle chemise blanche Channel.
Dehors, il n'y avait rien ni personne, seulement 2 arbres enlacés qui ne sont jamais en fleurs.
Certains élèves y gravaient leurs noms, d'autres dessinaient. Il y en avait même qui y laisser des offrandes, pour que les suivant puissent trouver un souvenir du passé.
Dans la classe, toujours une pomme rouge, rouge sang, était posée sur le bureau. Personne ne savait qui la changeait chaque jour, et toujours quand la porte blanche de l'entrée se fermait a double tours, on entendait une sorte de clou traversait la pomme. Ce son devrait être discret, mais a 18h, à l'instant précis ou le collège ferme, le son devient beaucoup plus grave.
D'après un des livres de la bibliothèque, tous les 100 ans, Croatanne recevait un élève inscrit à seulement 10 ans, et quand celui-ci se présentait, la terre changeait. Et les temps où il ne se passait rien, l'histoire de la pomme persistaient. Rien que ça ?
Celle qui rêve de folies a deux
Celle égoïste et orgueilleux ... se
Celle qui souris et est joyeuse
Celle dite honteuse
Et ce livre était en ce moment même, en plein cours d'algèbre entre les mains de Jammy.
Elle se replongea dedans, alors que Miss's Belluaire, la directrice, soupirait fortement pour expliquer son mécontentement.
Mais rien n'y faisait, Jammy était bel et bien hypnotisée par ses recherches.
Alors qu'elle fit une pause, elle contempler ses doigts qui étaient tout pour elle, et elle y découvrit des sortes de boutons tout autour de son majeur, ces petites traces ressemblaient étrangement a une bague.
Plus elle contempler son doigt, plus la Cavalière [Bague pour homme] lui paraissait vraie.
Elle leva les yeux, et rechercha désespérément des traces sur les doigts des autres, a son plus grand étonnement, elle découvre des marques ressemblants a des bagues, mais toutes uniques. Même Miss's Belluaire en avait une, semblable a celle de Jammy, grosse, profonde, sombre et magique dans un sens.
Elle fit monter son regard pour découvrir Miss's se gratter le majeur, et sourire en coin.
Trois sons de cloches retentissent, qui fit disparaître le sourire de Miss's, replonger Jammy dans son livre, et fit lever tous les autres élèves.
Tout se passait comme d'habitude, quand d'un coup, un clou, sortit soudainement de nulle part, franchit la pomme, et se posa, indemne, sur le bureau.
Tous criaient, sauf Jammy qui paraissaient absente, et qui ne fit même pas attention.
Quand elle refit surface, une dizaine de clous étaient couchés sur le bureau, et a coté la pomme rouge en lambeaux.
Le bout du tunnel est enfin la
Pourtant ce n'est pas toi que je vois
Ou es tu passé ?
Pourquoi, Lune, m'as-tu laissé ?
Sans un mot, sans un tremblement, elle prit son sac rouge, le livre et sortit du collège calme comme un mort.
Dehors, des parents consolaient leurs enfants. Seul Jammy rentrait a pieds et non accompagnée chez elle.
Elle trouverait ça humiliant, a 14 ans, de se faire accompagnée alors que sa demeure de trouve a 3 pâtés de maison de son établissement scolaire.
Elle marche lentement en regardant ses pieds, ou du moins ses grosses chaussures et sa salopette blanche. A un moment, elle s'arrêta devant un grand portail en fer rouillé, camouflé par une récente peinture noir. Elle leva les yeux vers un des gargouilles et lui lança un froid « Salut Davy' ».
Elle cligna des yeux, tira le fermoir du dit portail et entra. Apres quelques pas, elle s'arrêta de nouveau devant une grande porte semblable a celle de Croatanne. Elle sortit de son sac rouge une miniscule clé doré. Elle pensait a comment ouvrir la porte de Croatanne vu qu'elle n'avait pas de serrure, et enfonçait en même temps la clé en or.
D'après son père, Jammy, comme tous ceux qui fréquentent Croatanne, sont simplement allergique aux roses roses de Birmanie ou au bois de liége de la porte.
Totalement sceptique, la longue blonde ne répond pas, sous peine de gaspiller sa salive pour un père toujours absent et qui, orgueilleux, n'était jamais heureux pour ses jumelles. « Les apparences sont trompeuses » se dit elle. Car sous ces costumes classe, chic et glamour, se cache une personne égoïste et dure.
Peut être es tu cachée derrière un de ces nuages gris
Qui grouillent dans la vie des bons amis
Peux tu re-apparaître pour éclairer ma vie
Ne crois pas que tu as sombré dans mon oublie
Elle tourna les talons, et monta les escaliers de son repère son écouter ce que lui baratiner son père biologique, quand elle arriva enfin au grenier, elle jeta en l'air son sac, qui miraculeux atterrit sur une vieux fauteuil couleur or qui appartenait aux anciens propriétaires.
Elle se largua sur un autre vieux fauteuil, qui appartenait cette fois à sa mère, victime d'une tumeur.
Elle ne pleurait jamais sa mère. Elle ne l'a jamais pleuré, ni à l'enterrement, ni à l'hôpital. D'après elle, aucun lien ne les rapprochait. Elle pensait même que Kelsey, sa sensée mère, n'était qu'une conquête de son père.
Mirage vient éclairer mon monde.
Mirage a dit 'The End'.